« Masterpiece », masterflop à la télévision italienne…

flopAvouons-le : à la décharge des producteurs et des animateurs téméraires de l’émission « Masterpiece » (le dimanche soir aux alentours de 23 heures sur la troisième chaîne de la télévision publique italienne), le pari de rendre la création littéraire télévisuelle et captivante n’était pas gagné d’avance. Eh bien, il est parfaitement raté. Combien de téléspectateurs auraient supporté, si la télévision avait existé entre 1909 et 1922, la diffusion en direct de l’écriture par Marcel Proust d’A la recherche du temps perdu, entre tasses de thé et fumigations ?

Avec « Masterpiece », la télé-réalité a peut-être trouvé des limites qu’elle était jusqu’alors parvenue à repousser en mettant en scène les doutes, les joies, la panique ou le masochisme des concurrents face à n’importe quel type de situation : traverser l’Amazone à la nage, chanter sans talent, cohabiter avec des serpents,réinventer le lièvre à la royale…

Un bon, un méchant et une brute pour jury
Le principe de « Masterpiece » emprunte évidemment aux dogmes du genre. Sélectionnés après avoir envoyé leurs manuscrits à un panel de professionnels, les candidats (un avocat, un chômeur, une femme au foyer, un jeune homme bien mis qui se voudrait le Bret Easton Ellis des bords du Tibre, une jeune fille qui en a beaucoup vu, un Serbe qui raconte son initiation à la vie…) sont invités à lereprendre sous la houlette d’un jury qui réunit, comme c’est l’habitude, un bon, un méchant et une brute. « Trop alambiqué », « pas assez authentique », « écrit en mauvais italien », sont quelques-uns des reproches les plus courants.

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