Télévision en occitan : Qu’ei partit, totun !…

occitanLe « capdau » (président) du Conseil général, Georges Labazée, a essuyé les plâtres, hier, avec la bibliothèque du Parlement de Navarre en toile de fond, en répondant à une interview de vingt minutes intégralement en béarnais, pour la chaîne Òc tele.

L’entretien, mené par le journaliste du magazine « La Setmana » Clément Pech, était le premier d’une émission politique nommée « Cara a cara ». Il sera programmé aujourd’hui sur la chaîne diffusée sur Internet.

Lancée hier soir
Le lancement officiel d’Òc tele avait donc lieu hier soir, à 20 h 30, de Bordeaux, avec un grand talk-show. La chaîne 100 % occitane diffusera ses programmes tous les jours, de 18 à 22 heures.

Tout spécialement durant ces fêtes de fin d’année, Òc tele fera une large part à des films d’animation et dessins animés, doublés pour leur version gasconne par l’association Contam (en français, Racontons), de Pontacq, qui dispose de 20 à 30 voix différentes.

« Nous avons quinze heures de programmes frais en réserve », se prévaut le responsable de la chaîne, le Breton Lionel Buannic. Car Òc tele est un avatar de la chaîne bretonne BrezhoWeb, qu’il a créée et qui vient de fêter ses sept ans d’existence.

Le siège de la chaîne occitane est à Pau, son pôle de formation à Périgueux et son principal pôle de production sera à Toulouse. Elle aura un budget de 250 000 euros en année pleine.

Les principaux financeurs en sont les régions Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, ainsi que les départements des Pyrénées-Atlantiques et de la Dordogne. Lionel Buannic pense atteindre très rapidement les 15 000 à 20 000 visiteurs uniques – BrezhoWeb en compte aujourd’hui 30 000 pour une zone infiniment moins vaste. La chaîne s’appuiera sur les réseaux où est couramment pratiquée la langue occitane, les écoles bilingues Calandreta, etc.

G. Labazée : « Pas facile… » Pour le sénateur Georges Labazée, quoique parfait locuteur béarnais, l’exercice était sinon risqué du mois inédit. « Ce n’est pas facile, on est purement dans l’improvisation, commentait-il au terme de sa prestation réussie. Il faut pouvoir penser en béarnais, faute de quoi on tombe dans un mot à mot parfaitement artificiel. »

Visiblement crispé au lancement du générique, l’élu du canton de Thèze s’est très vite détendu. Il a d’abord évoqué l’historicité et la singularité du Parlement de Navarre.

Une certitude : « David Habib va ganhar los eleccions a Pau » (traduction superflue). Mais pas de scoop…

À l’écran, Georges Labazée a complaisamment révélé qu’enfant il ne parlait qu’en béarnais avec son père et sa mère. Puis, après l’émission, révélé que les débats au Conseil municipal de Viven, où il fut élu tout jeune, en 1971, se tenaient exclusivement « en lenga de noste ». À l’exception du budget, dont le maire énonçait les chapitres et chiffres en français…

L’émotion était palpable sur le plateau où la langue ancestrale s’est, pour une fois, fait entendre sans partage l’espace d’un gros quart d’heure. Georges Labazée a employé parfois des tournures et termes « franchimans », c’est-à-dire influencés par l’usage dominant du français. Mais c’était en parfaite connaissance de cause…

Le prochain invité sait ce qui l’attend.

http://www.octele.com

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