Un marché unique pour l’audiovisuel en Europe ?…

firetvNous parlons avec Amaury de Rochegonde, de l’hebdomadaire Stratégies, du plan pour un marché unique du numérique présenté cette semaine à Bruxelles. Une bonne ou mauvaise nouvelle pour les créateurs audiovisuels ?

C’est un « ouf ! » de soulagement pour les sociétés qui défendent les droits des auteurs en Europe. Car, dans le plan numérique que vient de présenter la Commission européenne, la question d’un droit d’auteur européen qui risquerait de niveler par le bas la rémunération de la création en France ou en Allemagne est passée au second plan. Bruxelles veut toujours lever les barrières nationales pour faciliter la libre circulation des biens numériques sur un territoire peuplé de plus de 500 millions d’individus. Mais il semble bien qu’aient été entendues les mises en garde venues des pays ou l’on défend la juste rétribution des artistes ou des auteurs.

Alors, bien sûr, cela ne veut pas dire que ce marché unique du numérique, qui pourrait créer des centaines de milliers d’emplois, selon Bruxelles, ne va pas s’intéresser à la création audiovisuelle. Face à des plateformes transnationales comme Netflix ou YouTube, qui diffusent des œuvres sans aucune obligation de financement ou d’exposition de la production européenne, la Commission entend ainsi s’attaquer au statut d’intermédiaire de ces plateformes qui se contentent de distribuer les œuvres sans assumer aucune responsabilité de diffuseur.

Bruxelles compte aussi mettre fin au blocage géographique qui empêche par exemple à celui qui regarde une vidéo sur un mobile d’y avoir accès dès lors qu’il prend l’avion pour aller dans un autre pays européen. Le vice-président Ansip n’a pas hésité à dire qu’il haïssait ce géoblocage qui fait par exemple qu’on loue une voiture ou qu’on achète un ticket de Disneyland Paris à un prix différent sur internet suivant qu’on est dans tel ou tel territoire européen. De même, la Commission souhaite un accès plus étendu aux œuvres dans le respect d’un droit d’auteur qui a vocation à être harmonisé.

Faire sauter les barrières géographiques à la diffusion des contenus est très tentant. 56% des Européens utilisent l’Internet à des fins culturelles et on prévoit 12% de croissance dans les cinq ans sur les divertissements ou les médias numériques. Mais, en même temps, il est difficile de faire sauter les verrous comme pour la musique sans remettre en cause les mécanismes de financement des œuvres audiovisuelles. Car c’est bien parce qu’une chaîne a l’exclusivité d’un film ou d’un programme sur un marché donné qu’elle accepte d’en assurer le financement. On s’achemine donc plutôt vers l’idée de rendre portables les droits de diffusion pour le consommateur d’un pays donné et vers la création d’exceptions au droit d’auteur pour les enseignants ou les chercheurs, par exemple.

source: rfi.fr

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