La télévision française met la pression sur Facebook et Twitter…

twitterlogofacebookTF1, Canal+, M6 et France Télévisions réclament une lutte plus efficace contre la diffusion de vidéos illicites.

Il ne faut jamais dire jamais. Voir les quatre plus grands diffuseurs français – autant de meilleurs ennemis – signer non pas une, mais deux lettres communes est un événement rare. Début mai, TF1, Canal+, France Télévisions, M6 et l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA) ont écrit à dix mains à Facebook et Twitter pour leur demander de mettre en place des dispositifs freinant la mise en ligne de contenus piratés.

Des véritables sanctions et un filtrage
Ces derniers mois, les plates-formes californiennes visées par les chaînes françaises ont toutes deux mis un sérieux coup d’accélérateur à la diffusion de vidéos en ligne. Chez Facebook, on s’attache à pouvoir offrir des vidéos plus longues et de meilleure qualité. Chez Twitter, on a lancé en janvier Periscope, une application qui permet de diffuser un flux vidéo en direct depuis un mobile. « L’augmentation des fonctionnalités relatives à la vidéo (…) va inévitablement conduire à accroître les mises en ligne de vidéos illicites », indiquent dans leurs missives les nouveaux associés.

Ceux-ci réclament auprès de Facebook et Twitter une « véritable politique de sanction » à l’encontre des particuliers qui diffusent des contenus sans penser aux droits de propriété intellectuelle afférents. Autre demande de la télévision hexagonale, la mise en place d’un système de filtrage automatique des contenus non autorisés grâce au « fingerprinting », une technologie qui permet de repérer automatiquement les copies illicites. « A ce sujet, si vous ne disposez pas encore de tels outils, vous pouvez d’ores et déjà recourir à celui développé par l’INA, comme a choisi de le faire Dailymotion », ironisent les diffuseurs tricolores. Contactés jeudi en fin de journée, ni Twitter ni Facebook n’avaient encore de réaction à apporter.

Combat commun pour enjeu crucial
« Chacun a ses combats et ses sujets, décrypte-t-on au sein d’une chaîne concernée. Mais parfois, on peut travailler ensemble. Facebook et Twitter ont un devoir d’exemplarité du fait de leur importance. S’ils ne luttent pas plus efficacement contre le piratage, nous nous réservons la possibilité d’agir autrement… ». Au tribunal, par exemple. Concrètement, c’est Nicolas Seydoux, le président de l’ALPA, qui a mis tout le monde autour d’une même table, au début du printemps. « Les diffuseurs étaient tous inquiets, et ils ont vite accepté l’idée d’une action commune », raconte-t-il aux « Echos ».

Aujourd’hui, le président de Gaumont accuse Facebook et Twitter de donner, dit-il, « de façon incontrôlée avant même leur diffusion dans l’Hexagone, accès à des vidéos payées très cher par les diffuseurs français ». D’après lui, le public le plus friand de ces contenus illicites est constitué de « beaucoup de jeunes cadres dynamiques avec un vrai pouvoir d’achat. Des cibles très importantes pour les annonceurs, donc pour les diffuseurs, et donc pour les producteurs de télé ou de cinéma », pointe Nicolas Seydoux. Un enjeu suffisamment crucial pour oublier les querelles habituelles.

source: lesechos.fr

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