Bourreaux et bizuts de la télé-réalité…

teleComme dans les sitcoms américains les candidats populaires s’acharnent sur les autres

D’après une étude américaine réalisée en 2011 sur 1147 filles âgées entre 11 et 17 ans, les adolescentes fans de télé-réalité ont tendance à être plus méchantes que les autres. Le communiqué précisait également qu’elles étaient 78% à considérer que le commérage est normal dans une relation entre filles et qu’être méchant permettait d’être plus respecté qu’être gentil. Une étude qui trouve écho en France à la lecture du schéma repris dans plusieurs télé-réalités.

Si dans les premiers formats du genre comme Loft Story 1, la solidarité parvenait à prendre le dessus sur les mesquineries individuelles et les commérages, les candidats ont vite compris que pour exister et se démarquer aux yeux du public il fallait être une grande gueule et être au centre de quelques clashs. Une bonne « grande gueule de télé-réalité » est selon elle plus « vraie » et plus « mature » que les autres. « Ces qualités » lui octroient le droit de rabaisser ceux qui selon elle « n’existent pas » et font « office de plante verte ». Des arguments qui lui permettent de s’en prendre ouvertement à autrui.

Si nous n’attendons pas de la télé-réalité qu’elle soit éducative, nous pouvons néanmoins déplorer que le harcèlement moral et les insultes endurées par certains candidats ne soient pas plus sévèrement réprimés. Ces comportements sont peu recadrés par la production et rarement regrettés par les « bourreaux ». On note néanmoins les excuses de Julien Bert des Anges 6 envers Nelly. La jolie maquilleuse victime des railleries et de l’acharnement de presque l’ensemble de ses camarades avait préféré quitter l’aventure avant la fin, épaulée par son ami le blogger Jeremstar’.

Ce dernier n’est néanmoins pas exempté puisqu’il réutilise parfois certaines formules des candidats contre ceux qu’il n’apprécie guère. La dernière victime de son acharnement : Micha. Le coach sportif a été injustement déprécié dans ces deux dernières télé-réalité. Pourtant, on comprend mal ce que ses camarades lui reprochent au fil des épisodes. Même le « gentil » Eddy ragaillardi par l’arrivée de son amie Anaïs s’en prend à lui sans raison et dans un langage fleuri. Une fois de plus la méchanceté gratuite, provoquera le départ – en partie – d’un élément plus qu’intéressant.

Mais parfois le bizutage des « grandes gueules » envers les « plantes vertes » monte encore d’un cran. Souvenez vous dans Secret Story 5, Ayem, Aurélie et Juliette font de la candide Morgane leur souffre-douleur. La jeune femme l’avoue à Télé-Loisirs lors de sa sortie « Il y a eu une semaine où c’est allé très très loin. Je ne pouvais plus marcher tranquille dans la maison. J’ai reçu des menaces physiques. Dés que les jumeaux partaient, les filles couraient dans la maison pour m’attraper, pour me dire des insultes ». Malgré les caméras, le harcèlement des jeunes femmes était allé encore plus loin « La technique était de dire des choses tellement trashs qu’elles ne seraient pas diffusées. Le soir, j’allais me coucher, il y avait des choses dans mon lit, je devais demander des draps propres. Il fallait que je surveille mon assiette car on était capable de cracher dedans ou de mettre des trucs dedans ».

Une attitude visiblement attractive puisque cet incident n’empêchera pas Aurélie de refaire d’autres réalités et de s’en prendre encore à d’autres camarades comme à Laura dans l’île des Vérités qu’elle menace même physiquement. Par chance,dans certaines émissions comme Secret Story par exemple, l’intervention du public par le biais de vote permet aux bizutés de prendre leur revanche.

Le cas d’Anaïs Camuzili mis à part – la marseillaise n’a pas été exclue de sa saison en dépit d’un coup porté à Gauthier – les gagnants de chaque saison ont dû affronter les piques et les railleries de leurs camarades tout au long des semaines. Une sorte de happy-end pour atténuer notre passivité face à ces comportements inacceptables ?

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