La télévision américaine accélère sa mue, avec le mariage d’AT&T et DirecTV…

at&tdirectvLes régulateurs ont apporté leur feu vert vendredi. Le nouveau leader de la télévision payante est né.

La concentration des télécoms américains a franchi une nouvelle étape, vendredi, avec l’approbation par les régulateurs du mariage entre AT&T et DirecTV. Après une année d’incertitude, le numéro un américain des télécoms peut absorber le premier fournisseur de télévision par satellite du pays, et s’imposer ainsi comme le nouveau leader national de la télévision payante. « C’est une occasion unique de redéfinir l’industrie du divertissement vidéo », affirme le patron d’AT&T, Randall Stephenson.

L’opération, qui représente l’équivalent de 50 milliards de dollars, est la plus importante que le secteur ait connue ces deux dernières années. Elle n’était pas acquise. Les régulateurs américains ne l’ont accepté qu’à la condition qu’AT&T améliore son réseau internet, connu pour sa vétusté : il devra offrir du haut débit à 12 millions de foyers supplémentaires, ce qui va l’obliger à décupler son réseau de fibre optique.

Les régulateurs ont fait barrage à de nombreuses fusions récemment, de peur de voir les géants des télécoms tuer la concurrence. Les deux leaders du câble, Comcast et Time Warner ont ainsi dû renoncer à leur mariage en avril. Sprint a également abandonné l’idée d’acheter T-Mobile, après avoir reçu un accueil glacial des régulateurs. Mais le mouvement de concentration ne semble pas devoir s’achever, loin de là. Charter communications a lancé des pourparlers récemment pour acheter Time Warner Cable.

Un beau coup
Quant à T-Mobile, il espère mettre la main au plus vite sur Dish. Une opération très semblable à celle autorisée vendredi, puisqu’elle réunit un opérateur de téléphonie mobile et un fournisseur de télévision par satellite. « Nos capitaines d’industrie manquent clairement d’idées. Au lieu d’innover et d’investir dans leurs réseaux, ils rachètent la concurrence », dénonce Craig Aaron, président de l’ONG Free press.  »Ces fusions coûtent cher, et ce sont les clients qui paient la facture au final ».

L’acquisition de DirecTV représente un beau coup pour AT&T : elle lui apporte 20 millions de clients américains. AT&T dispose bien d’une offre télévisuelle, mais celle-ci n’est pas rentable. Alors que son service est disponible dans moins de la moitié des états américains, DirecTV aura l’avantage de lui offrir une couverture nationale. Le nouveau groupe comptera 26 millions d’abonnés au total, un poids qui va lui permettre de mieux négocier les contenus avec les sociétés de production.

L’intérêt d’investir autant dans la télévision par satellite n’est toutefois pas évident : c’est une activité qui décline depuis plusieurs années, à mesure que s’impose la télévision sur internet (Neflix, Amazon, etc). Des analystes, et certains dirigeants d’AT&T, s’interrogent encore sur la pertinence d’acheter « un glaçon en train de fondre ». Mais DirecTV ne fond pas si vite que cela. Il représente encore une belle machine à cash : il a dégagé 33 milliards de dollars de revenus l’an dernier. C’est une trésorerie bienvenue pour AT&T, qui s’apprête à dépenser des fortunes pour améliorer son réseau.

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