Films à la télé : combien coûtent les rediffusions ?…

teleLe petit écran joue depuis toujours la carte de la rediffusion en matière de cinéma, une valeur sûre. Entre le besoin accru de programmes, dû à la multiplication des canaux, et la période estivale, pauvre en nouveautés, la tendance ne va pas s’inverser. Une bonne affaire pour les chaînes ?

On ne va pas se mentir: entre Fantômas, Don Camillo ou autres épisodes de téléfilms, l’été est le cauchemar des amateurs de télévision. La période, plus creuse au niveau des revenus publicitaires, et un peu plus faible en terme d’audiences, les chaînes n’hésitent donc pas à diffuser et rediffuser toujours et encore les mêmes programmes.

Mais, si ce n’est pas forcément les films les plus connus du cinéma français qui ont le privilège des multiples rediffusions – la première place est composée par un trio ex aequo composé du Capitan avec Jean Marais et Bourvil (1960), de La Tulipe Noire avec Alain Delon (1963) et de Ne nous fâchons pas avec Lino Ventura et Mireille Darc (1966) diffusés (au moins) 24 fois à la télévision française depuis 1957 -, pourquoi les chaînes jouent cette carte? Une raison économique, évidemment.

Les longs métrages valent de moins en moins cher à la télévision, de quelques dizaines de milliers d’euros à 200.000 euros. La série des Angélique coûte aujourd’hui un peu moins de 50.000 euros l’épisode. La série des Fantômas, programmée sur France 3 cet été, revient, elle, à environ 80.000 euros l’unité.
7 millions de téléspectateurs pour La Grande Vadrouille en 2014!

«Le coût de retransmission d’un vieux film est fonction d’un seul paramètre: l’audience qu’il a obtenue lors de ses précédentes diffusions, nous confiait Takis Candilis, président de Lagardère Entertainment lors d’un entretien en 2012. Les Bronzés ou La Grande Vadrouille sont probablement vendus à près de 200.000 euros étant donné le large succès qu’ils obtiennent à chaque diffusion.»

C’est pour cette raison que les téléspectateurs voient – finalement – peu Le Dîner de con, Les Visiteurs et autres blockbusters. Pour exemple, en décembre 2014, 7 millions de téléspectateurs ont (re)revus La Grande Vadrouille, autant que les Bronzés font du ski en février 2015. Mais loin des 11,3 millions d’amateurs de Bienvenue chez les Ch’tis sur TF1 en mars dernier.

La rediff’ ou l’oubli
Ces exemples constituent néanmoins des exceptions, car, plus les films sont diffusés, moins le public a envie de les regarder. D’autant que, entre les chaînes payantes du câble et du satellite, et celles, gratuites, de la TNT, le téléspectateur dispose désormais d’une offre absolument pléthorique. La valeur des longs métrages décroît donc au fil des programmations.

Pour se prémunir contre cette tendance, les détenteurs de catalogues ont décidé, depuis quelques années, de vendre leurs longs métrages sur un laps de temps très court, «quelques mois maximum, ce qui permet de sauvegarder un peu leur valeur», affirmait Takis Candilis.

Autre solution, enfin, le retrait pur et simple d’un film du marché. En décidant de retenir leurs œuvres, les ayants droit maintiennent leur valeur, mais empêchent le public de prendre connaissance d’une partie du patrimoine national. La rigidité d’une telle politique risque aussi de produire un effet rigoureusement inverse: un film qui n’est jamais montré peut tomber dans l’oubli. Et comme le disait Yves Montand dans La folie des grandeurs avec Louis de Funès, «C’est l’or! Il est l’or! L’or de se réveiller»…

source : http://tvmag.lefigaro.fr/

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