Le comité d’éthique d’ i-Télé démissionne…

iteleLe comité d’éthique d’ i-Télé démissionne pour protester contre la prise de pouvoir de Vivendi.

Après Canal +, Vincent Bolloré s’est attaqué à la chaîne d’info en remerciant vendredi ses deux directrices.

Deux des trois membres du comité d’éthique et de pluralisme d’i-Télé, la directrice du Centre de formation des journalistes, Julie Joly, et le président de l’Observatoire de la déontologie de l’information, Patrick Eveno, ont annoncé dimanche leur démission après avoir «appris par la presse le licenciement de Cécilia Ragueneau, directrice générale d’i-Télé, et de Céline Pigalle, directrice de la rédaction d’i-Télé».

Formé en mai conformément aux exigences du CSA, le comité déplore de ne pas en avoir été informé, ni consulté. «La prise de pouvoir du groupe Vivendi sur Canal + et sur la chaîne i-Télé nous interroge sur le rôle de ce comité», souligne le communiqué. «Il y a une mainmise de Vivendi sur la rédaction et la ligne éditoriale de Canal + et de i-Télé qui nous pousse en quelque sorte à prendre notre clause de conscience», défend Patrick Eveno, professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

«Vive émotion face à la brutalité du départ de Cécilia Ragueneau et de Céline Pigalle»
Poursuivant la reprise en main du groupe Canal +, Vincent Bolloré a en effet remercié vendredi les deux dirigeantes d’ i-Télé, qu’il souhaite par ailleurs rebaptiser CNews. C’est Guillaume Zeller, directeur du pôle digital de Direct Matin depuis 2012, qui succède à Céline Pigalle. Il sera épaulé «dans un rôle de conseil» par Philippe Labro, figure historique de Direct 8 et ancien patron de RTL. Jean-Christophe Thiery, fidèle de l’industriel breton nommé jeudi président du directoire de Canal + à la place de Bertrand Meheut, sera «chargé de développer la chaîne d’info».

Dès vendredi soir, la société des journalistes d’i-Télé faisait part, dans un communiqué, «de sa vive émotion face à la brutalité du départ de Cécilia Ragueneau et de Céline Pigalle», disant attendre de connaître le projet de la nouvelle direction, «qui n’a pas encore été présenté à la rédaction».

Après les Guignols, le Grand Journal, D8 et D17, Bolloré poursuit son grand ménage dans le groupe Canal. L’été avait commencé fort par l’éviction le 3 juillet du numéro 2 de Canal +, Rodolphe Belmer, remplacé par son adjoint, Maxime Saada. Fin juillet, on apprenait le départ du patron des chaînes gratuites D8 et D17, Ara Aprikian.

Deux émissions phares de Canal + ont été vivement bousculées pendant la période estivale : les Guignols de l’info, diffusés en clair à 19 h 50 jusqu’en juin, devrait reprendre cet automne mais à 20 h 50 et en crypté, sans «PPD» pour pilier. Le Grand Journal n’est plus présenté par Antoine de Caunes, aux manettes depuis 2013, mais par Maïtena Biraben, qui fait son baptême du feu lundi soir. Le format de l’émission a été remanié, se présentant en deux parties, la première, dédiée à une longue interview, accueille Manuel Valls lundi.

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