Le décodeur miracle cachait-il une arnaque ?…

tntLe passage à la télévision numérique terrestre n’est plus, pour le commun des citoyens, qu’un lointain souvenir. Pas pour tous. Lundi et mardi, plus de 300 clients d’un prestataire se sont retrouvés devant les juges dans une affaire d’escroquerie en bande organisée. Les faits se sont produits entre 2003 et 2007. Les plaignants s’estiment lésés par un matériel présenté comme « révolutionnaire ». À la clef, entre autres, des chaînes payantes devenant gratuites. Un mirage ?

Le couple a fait le voyage depuis Grand-Fort-Philippe. Il est question de récupérer la coquette somme de 5 541,48 €. Un vrai placement. « Ça a fonctionné deux ans, peste Germain, le mari. Et au passage à la TNT, fini. L’écran noir. » Lorsqu’ils se laissent séduire, en 2005, ces deux-là tiennent, justement, à réussir le virage de la télévision numérique terrestre. Comme des centaines de personnes, ils sont démarchés par des professionnels. Ces habitants du Dunkerquois se laissent séduire par un matériel a priori prometteur. Une parabole motorisée, un démodulateur. « C’était censé inclure Canal+, reprend le mécontent. On l’a eu huit jours. Après, il fallait payer. »

La promesse d’un millier de chaînes
De l’antenne, un millier de chaînes devaient tomber, dont des étrangères avec traduction simultanée. « On les attend toujours », se renfrogne madame. Pourtant, la documentation semble claire sur les programmes gratuits et payants. « On l’a eue après la pose », complète Germain. Des mécontents comme lui, la salle d’audience en est pleine. À tel point que Jean-Marc Defossez, le président spécialisé dans ce type d’affaire, ou Mehidine Faroudj, son homologue au parquet, ont dû bloquer deux journées complètes pour les écouter.

Des clients comparés à « des brioches »
Il faut dire qu’un expert a évalué le prix de ce matériel (finalement très banal) à moins de 1 000 €. Certains l’ont payé plus de 3000€, voire bien au-delà par le biais de crédits pas vraiment bon marché. Beaucoup sont notamment installés en Picardie. Lors de l’enquête, un ex-commercial a qualifié les méthodes de vente d’« organisation sectaire ». Les clients étant parfois comparés à des « brioches ».

Le premier jour, dans l’antichambre de la salle d’audience, trois témoins de moralité des prévenus attendent. Et jurent que beaucoup plus de foyers ont été équipés, sans jamais se plaindre. Décision le 14 janvier.

source : http://www.lavoixdunord.fr/

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