Pour le CSA, la radio et la télé zappent encore trop souvent les femmes…

Le CSA a présenté un bilan mitigé de la présence des femmes à la radio et à la télévision.

Des progrès, mais peut mieux faire. Les chaînes et les radios peinent encore à mettre les femmes à l’honneur. Selon le rapport annuel présenté ce mardi matin par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), elles n’étaient que 38% sur les antennes en 2016. Invitées sur les plateaux ou au micro, les «expertes» restent aussi minoritaires (30% contre 70% d’hommes). «Mais on en comptait seulement de 15 et 20% il y a quatre ans, rappelle Sylvie Pierre-Brossolette, responsable du dossier « Droits des femmes » au CSA. Il y a donc eu une prise de conscience et un réel effort. Cela reste cependant insuffisant».

Le retard des chaînes généralistes privées
Dans le détail, ces dames sont toujours mieux représentées à la télévision (40%) qu’à la radio (36%). «Est-ce parce qu’il n’y a pas d’image ?», s’interroge la sage. Parmi les chaînes, celles du groupe France Télévisions montrent l’exemple : le taux de présence des femmes varie de 36% (France 5) à 56% (France Ô), et celui des «expertes» est supérieur à 30% sur France 2, France 3 (avec un record à 55%) et France 5, qui offrent le plus d’émissions de débats. Bonnet d’âne les années précédentes, le magazine «C dans l’air» en reçoit désormais davantage (29% contre 26% en 2014).

En revanche, le CSA pointe le retard des chaînes généralistes privées, où le taux d’expertes chute à 17% sur M6 et 20% sur TF1.

Globalement, les femmes font aussi nettement défaut dans les programmes diffusés aux heures de grande écoute, notamment entre 18 heures et 20 heures (où elles ne sont que 25%) sur le petit écran et dans les matinales à la radio (35%). «À la télé, beaucoup de jeux et de divertissements sont animés par des hommes aux heures de forte audience», relève ainsi Sylvie Pierre-Brossolette.
Objectif 2020 chez France Télévisions

Conclusion : le gendarme de l’audiovisuel attend du mieux. L’an dernier, il est intervenu à huit reprises auprès des chaînes en matière de droit des femmes (dérapages sexistes, images dégradantes…) et a engagé une procédure de sanction (contre C8 pour «Touche pas à mon poste»).

«Nous aimerions que les chaînes prennent des engagements de progression chiffrés, comme l’a fait France Télévisions dans son contrat d’objectifs et de moyens (COM), qui prévoit de recevoir autant de femmes expertes que d’hommes d’ici 2020, estime la sage chargée du dossier. Et il ne suffit pas qu’il y ait plus d’expertes : il faut qu’elles parlent de tout. Nous allons regarder de plus près les sujets pour lesquelles elles sont sollicitées.»

Au-delà, l’image des femmes dans la publicité et les clips vidéos fera l’objet d’une attention particulière cette année.

source : le parisien | Carine Didier

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