Présidentielle : France 2 veut sauver son débat…

Plusieurs des candidats se plaignent de la date tardive du 20 avril choisie par la chaîne pour les réunir tous avant le premier tour.

Y aura-t-il un ou deux débats à 11 candidats avant le premier tour de l’élection présidentielle ? Pour l’heure, une seule chose est sûre : celui organisé par BFMTV et CNews aura bien lieu mardi prochain à 20h40, piloté par les journalistes Ruth Elkrief et Laurence Ferrari. En revanche, le rendez-vous prévu depuis deux mois sur France 2, le 20 avril, reste sur la sellette. Selon nos informations, les représentants des 11 candidats ont été invités, mercredi en urgence, à participer à une réunion, ce jeudi soir à 18 heures à France Télévisions, afin d’en discuter les modalités. Au cœur des discussions, la date même de ce deuxième débat.

Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise, a été le premier à allumer la mèche en exprimant, mardi, ses réticences sur son blog : «Je ne crois pas possible de participer à une émission de cette nature au-delà du lundi 17 avril, compte tenu de mon programme d’activité et de la construction de ma campagne.» Emmanuel Macron a également émis des réserves sur le calendrier choisi par France 2, qualifiant l’émission de «débat de dernière minute». Le candidat d’En Marche !, qui a sollicité le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) sur ce point, a estimé sur Europe 1, mercredi matin, avoir «autre chose à faire que de courir de chaîne en chaîne pour multiplier les débats à onze».

À 11 ou à 9 ?
Le gendarme de l’audiovisuel a annoncé mercredi avoir fait part à France Télévisions de sa préoccupation quant au choix du 20 avril, soit «vingt-quatre heures avant la période de réserve précédant le premier tour de l’élection présidentielle». En clair : les candidats ne pourront réagir publiquement à une éventuelle nouvelle polémique que le vendredi, avant la diète imposée le week-end du scrutin. Un délai trop court selon certains.

Chez les Républicains, le porte-parole de François Fillon, Luc Chatel, invité de l’émission «Questions d’info» (LCP – France Info – «le Monde» – AFP) a appelé le CSA à «délibérer sur cette situation parce que si deux candidats majeurs qui faisaient partie du débat à cinq, disent je ne peux pas être au débat, ça pose un souci». Dans l’entourage du candidat LR, on attend d’y voir plus clair. «On ne remet pas en cause le principe des débats, explique un proche de François Fillon. Mais si on passe de 11 à 9 candidats, cela devient plus complexe. Quant au 20 avril, c’est vrai que ça pose un problème, qu’on n’avait pas soulevé à l’époque». «Comment faire un débat sans Macron ? Et que se passe-t-il si petit à petit les autres candidats s’en vont ?» s’inquiète un autre proche du candidat de la droite.

Prêts à assumer le pupitre vide
Même interrogation au Front National. Si Florian Philippot, vice-président du FN, se rendra à France Télévisions vendredi, la décision de participer ou non au débat sera prise à l’issue des discussions. «Cette émission va se dérouler à trois jours du premier tour. C’est beaucoup trop rapproché comme échéance», commente-t-on dans l’entourage de Marine Le Pen.

La chaîne acceptera-t-elle de modifier la date alors que Benoît Hamon a déjà confirmé sa présence le 20 avril ? Pas sûr. «Cette date est connue depuis deux mois et un débat citoyen ne peut pas être pris en otage par un seul candidat (NDLR : Jean-Luc Mélenchon), souffle-t-on dans les couloirs du groupe audiovisuel public. En outre, cela poserait un souci d’agenda pour les participants qui ont prévu des meetings avant. Et nous sommes prêts à assumer le choix d’un pupitre vide».

source : le parisien | Carine Didier | Stéphanie Guerrin | Valérie Hacot

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