Guillaume Musso : «Un jour, j’écrirai directement pour la télé»…

Numéro 1 des ventes dans l’Hexagone en 2016 pour la sixième année consécutive, l’écrivain publie aujourd’hui son nouveau best-seller, Un appartement à Paris (XO éditions). L’auteur évoque son nouveau thriller, dont l’intrigue haletante tourne autour d’un peintre, et son grand intérêt pour les séries télévisées. Il est ce vendredi l’invité de C à Vous sur France 5.

Vous persévérez dans la veine du polar et du thriller avec votre nouveau livre
Depuis quatre ou cinq livres, je tourne davantage autour du thriller. Au départ de cette histoire, la situation s’apparente à une comédie avec deux personnages en quête de solitude qui se retrouvent obligés de cohabiter dans la même maison. Ils vont vivre cela comme un cauchemar. Mais ce qui aurait pu donner lieu à un scénario de comédie va peu à peu basculer dans une enquête un plus tragique. Oui, j’avais envie de jouer avec les codes, de surprendre les lecteurs, les obliger à sortir de leur zone de confort.

Pensez-vous qu’Un appartement à Paris ferait une belle série télévisée?
Oui, ou un beau film. Il y a beaucoup d’images, c’est structuré. Ça fait partie des livres dont j’aimerais voir une adaptation parce qu’on a cette tension qui irrigue le roman et il est suffisamment plastique pour le tirer dans un sens ou dans l’autre. Vous pouvez mettre le curseur sur une vision plus liée à la peinture, à l’artistique, ou plus vers le polar avec l’enquête sur un tueur en série. Aujourd’hui c’est important d’être là où on ne vous attend pas, parce que la fiction romanesque est concurrencée par les autres formes de fiction, notamment les séries.

Les séries télévisées inspirent votre travail?
La richesse des séries, de certaines bonnes séries TV, nous challenge, nous autres auteurs et raconteurs d’histoire. Elles nous forcent à bâtir des intrigues qui soient de plus en plus fouillées, inattendues, avec des personnages qui doivent être fascinants, complexes avec des qualités et des failles, un passé. Ces dernières années, la montée en gamme des séries télévisées, ça m’a vraiment stimulé. Les fictions mettent la barre de plus en plus haut. Cela nous oblige à essayer d’éviter cette impression de déjà-vu, de déjà lu.

Quelles séries vous plaisent?
The Affair entre vraiment en résonance avec ce que je peux faire. Une histoire d’adultère racontée tour à tour par l’homme et la femme, avec des visions sensiblement différentes. Dans mes derniers romans il y a cette idée aussi qu’une même scène ou un souvenir peut avoir été vécue de façon très différente par des personnages. Certaines ont une narration effectivement complexe efficace subtile élégante…

Lesquelles?
Six Feet Under a été longtemps une référence . The West Wing aussi, ce sont des séries cultes en termes d’écriture. Aaron Sorkin que ce soit à travers les séries ou les films est une source d’émerveillement sans fin. Au cinéma, l’écriture de Richard Curtis est aussi quelque chose de très stimulant.

Et les séries françaises?
J’aime beaucoup Engrenages et Le Bureau des légendes, dont la saison 2 est un chef-d’œuvre d’écriture, d’interprétation, de justesse, de dosage (ndr: la saison 3 arrive en mai sur Canal+). C’est ce qu’il y a de mieux pour moi actuellement. Aujourd’hui, quiconque s’intéresse à la narration peut difficilement faire l’impasse sur les séries

Où en est votre projet d’adaptation pour la télévision de L’Appel de l’ange, avec la même héroïne d’ailleurs que dans votre nouveau roman?
C’est un projet avec Sydney Gallonde que je connais depuis très longtemps, il a déjà adapté Une chance de trop d‘Harlan Coben pour TF1. Il apprécie mon univers et a aimé ce roman. Nous voulons essayer de faire quelque chose d’un peu rocailleux, pas trop lisse. Il n’y a pas encore de diffuseur attaché mais c’est un projet qui va aller vite parce qu’on en a très envie. Il y a aussi un projet de film pour l’adaptation de Central Park, avec Mars Films, plutôt en langue anglaise. Après peut-être qu’un jour écrire directement pour le cinéma ou la télé…

Quelque chose est en vue?
Il y a un projet en gestation depuis longtemps. En tout cas c’est quelque chose que je ferai dans les années qui viennent. Ce serait du 6X52, une série télévisée aux limites du fantastique, du surnaturel, dans mon univers premier en fait. Mes premiers romans avaient cette couleur-là.
Votre prochain roman?

J’ai une dizaine d’histoires en stock, qui remontent à longtemps. Il y en a toujours 2 ou 3 qui se battent en duel et le mois de mars/avril c’est le moment normalement ou je décide de la prochaine histoire. C’est une période de créativité, je n’ai pas fait tout fait mon choix. Je crois que mon prochain continuera dans le ton du thriller. C’est à la fois ce que j’aime en tant que lecteur et ce que j’aime écrire. Un bon roman est celui que vous avez hâte de retrouver le soir en rentrant chez vous. Pour reprendre l’expression de mon copain Joel Dicker «un bon roman est un roman que vous regrettez d’avoir terminé».

La campagne présidentielle française pourrait vous inspirer?
En tant que romancier, non. En tant que citoyen, je la suis, bien sûr. Elle m’inquiète un peu.

C’est-à-dire?
On aimerait toujours avoir plus de pédagogie, vivre un moment de réflexion collective, voir quel avenir on veut. Là, je n’ai pas l’impression que c’est vraiment ça.

source : tv mag | le figaro | Jean-Marc-Barenghi

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