TF1 et M6 doivent s’entendre d’urgence avec Orange, Canal et Free…

Comme TF1, M6 a trouvé un accord avec SFR et un terrain d’entente est proche avec Bouygues Télécom. Reste cependant à régler le bras de fer avec Orange, Free et Canal+.

Deux mois après un accord avec le groupe TF1, Altice-SFR a annoncé mercredi s’être entendu avec M6 pour rémunérer davantage la reprise du signal de ses chaînes et, en contrepartie, bénéficier de nouveaux services de télévision délinéarisée (télé de rattrapage, etc.). Selon nos informations, un accord avec Bouygues Télécom, maison-mère de TF1, serait également en cours de finalisation pour la filiale télé française de Bertelsmann. «Ils ont réglé le problème avec les petits mais pas avec les gros» remarque cependant un acteur du secteur. Car si TF1 et M6 ont enterré la hache de guerre avec SFR et Bouygues Télécom, ils semblent encore loin d’un accord avec Orange, Free et Canal+ qui pèsent bien plus lourd sur le marché de la diffusion télé. Orange et Free comptent chacun des millions d’abonnés et Canal+ via son activité satellite diffuse la télévision dans plus de 5 millions de foyers français. Or, si aucun accord n’est très rapidement trouvé, un des diffuseurs pourrait potentiellement couper à très brève échéance le signal des chaînes gratuites du groupe M6, privant des millions de téléspectateurs de l’accès à M6, W9 et 6ter. Car quelles seraient les conséquences juridiques si un diffuseur continuait de diffuser une chaîne sans contrat ?

Télévision «délinéarisée»
TF1 et Orange auraient jusqu’au 31 janvier pour s’entendre. Pour M6, le contrat actuel avec Orange serait déjà arrivé à échéance le 31 décembre dernier. Le contrat M6-Canal+ serait lui très proche de son terme. «Les négociations doivent aboutir vite, sinon, ce sera un conflit dur», dit un proche des discussions, qui sont décrites comme «difficiles». Free semble le plus fermé à un surcroît de rémunération de ces chaînes dont la reprise du signal n’était jusque-là pas rémunérée.

A ce stade, aucun élément chiffré concernant ces accords n’a filtré. Il faut dire que ces négociations sont complexes car les bases des premiers accords qui pourraient être conclus risquent de faire jurisprudence vis-à-vis de l’ensemble du marché. Le risque est aussi que des contrats même limités aujourd’hui augmentent demain. «On ne veut pas mettre le doigt dans un engrenage» dit un opérateur. Ce qui est certain est que les chaînes gratuites ont cependant intérêt à offrir des options de télé délinéarisée (à la demande) pour mieux contrer Netflix. Face à la domination de Facebook et Google dans la pub en ligne, télécos et télés ont aussi intérêt à mettre en commun leurs forces dans la collecte de données servant à cibler les consommateurs.

Le nouveau partenariat entre M6 et Altice comprend ainsi « la reprise des signaux ‘live’ de l’ensemble des chaînes du Groupe M6, en clair (M6, W9, 6ter) et thématiques (Paris Première, Téva, M6 Music, M6 Boutique, Best of Shopping et Girondins TV), ainsi que du service 6play ».

Partage de données de ciblage
Les abonnés SFR pourront aussi bénéficier, en plus des fonctions de rattrapage existantes, de nouvelles fenêtres de contenus avec de la TV de rattrapage au-delà de 7 jours, voire de 30 jours pour certains programmes, du «season stacking», soit l’accès à tous les épisodes d’une même saison en cours de diffusion, et à des avant-premières comme le premier épisode dur reboot de la série MacGyver.

Plus de 1000 heures de nouveaux programmes inédits de fiction, de cuisine ou d’aventure, seront aussi à terme accessibles en permanence en délinéarisé et sur tous les terminaux, qui seront réservés exclusivement pour les abonnés des opérateurs. Des fonctionnalités et technologies innovantes comme le start over, etc. sont prévues, explique le communiqué.

source : les echos | nicolas madelaine

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